Le Nîmes Olympique est un sérieux candidat à la montée en Ligue 1. Nous avons eu le plaisir d’échanger quelques instants avec le capitaine Croco, Fethi Harek. Le défenseur central ayant évolué deux saisons dans l’élite du football français avec le SC Bastia nous a accordé cette interview après la séance d’entraînement du lundi 10 avril.

Bonjour Fethi, merci de nous accorder cette interview. Alors on va commencer avec une question de base, est-ce que tu vas bien, est ce que le club va bien ?
Bonjour, oui ça va très bien impeccable. Et bien écoute, tout ce passe bien en ce moment dans la vie du club, je pense que le club n’a jamais été aussi bien depuis des années et puis nous sportivement on a un challenge très excitant à jouer sur cette fin de saison donc oui, on peut dire que le club est en bonne santé aujourd’hui.

On est à quelques jours du coup d’envoi de Nîmes / Orléans, quel est l’état d’esprit de l’équipe avant de recevoir le 18e ?
Aujourd’hui je pense qu’on est en regain de confiance car depuis le mois de janvier on à perdu qu’un seul match (Sochaux 2-1 Nîmes, J30). Donc voilà on est en forme même si on sait que ça va être un match très compliqué parce qu’Orléans a quand même un potentiel offensif très fort. À nous de nous méfier de cette équipe mais de continuer a faire ce qu’on fait depuis un certain temps, et puis il n’y a pas de raisons que ça marche pas !

« On est très libérés et on joue tous nos matchs pour gagner »

Il reste donc 6 journées de Ligue 2, la Ligue 1 c’est concret ou ça reste un objectif second ?
Non c’est pas concret parce qu’aujourd’hui on est tellement d’équipes a vouloir ces trois places et c’est tellement serré en haut du tableau donc on peut pas dire que c’est concret, mais nous on espère ne rien regretter à la fin surtout et d’aller au bout de ce challenge. C’est six matchs à faire et je pense qu’il faut jouer ces six matchs à fond pour arriver à la 38e journée, et regarder le classement à ce moment-là mais ça peut être un beau rêve.

L’an passé, malgré la sanction des -8pts, vous avez réussi l’exploit en vous sauvant, quelques mots sur cette saison incroyable ?
Oui l’année dernière c’était un petit peu spécial parce qu’on est partis avec -8 points, donc comme cette année on avait rien à perdre dans tout ce qu’on faisait, c’était très compliqué dans les relations. Après on a eu un changement de coach à la trêve et Bernard Blaquart nous a rejoint pour nous remettre la tête à l’endroit donc ça a été très positif pour nous, mais c’est sur que c’est un exploit que l’on gardera tous dans nos mémoires parce que je pense que le club était mort et on a réussi à donner une image à cette équipe du NO qui aujourd’hui est forte, et il faut garder cette bonne image.

« Je profite des derniers moments qu’il me reste dans ma carrière »

Le Nîmes Olympique possède un très bon bilan à l’extérieur mais seulement 4 victoires à domicile cette saison, comment tu peux expliquer cela ? Un manque de réussite peut-être ?
Franchement j’ai aucune explication. Après, nous on joue tous nos matchs de la même manière, on est très libérés et on joue tous nos matchs pour gagner. Je pense que ce qui est plus difficile à domicile c’est quand les équipes viennent et ferment le jeu donc on trouve un peu moins d’espace et c’est ce qui fait qu’on se crée peut-être moins d’occasions et qu’on marque un peu moins, après nous l’important c’est de jouer libéré comme on le fait depuis le début de la saison, et d’aller jouer ces matchs pour les gagner et non pas juste pour les jouer. Il faut continuer à jouer comme ça jusqu’à la fin.

A l’inverse des plus jeune, tu arrives en bout de carrière, une très belle carrière d’ailleurs. Que voudrais-tu faire une fois t’a retraite de joueur pro prise ?
(Rires) Et bien je sais pas encore mais là je sais que je profite des derniers moments qu’il me reste dans ma carrière. Voilà il me reste encore cette saison à finir, il me reste encore une année je pense que je peux jouer encore un ou deux ans on verra, le temps nous le dira. Après en reconversion je me vois bien être sur le carré vert, être entraîneur. Je dis souvent au coach que je prendrais bientôt sa place (rires). C’est quelque chose qui me plaît de rester au contact des joueurs et de faire partie d’un staff parce que toute notre vie on a été encadrés comme ça, on s’est levé pour venir jouer au foot le matin et je pense que j’ai quelque chose à donner à des joueurs donc j’aimerais bien le faire.

Tu joues en défense centrale depuis la saison dernière si je ne me trompes pas, tu te sens bien à se poste ?
J’avais beaucoup joué à ce poste à Bastia, j’avais fait quasiment la totalité de mes matchs en Ligue 1 à ce poste là, et ça c’était très bien passé. Après en arrivant ici Pasqualetti (ex entraîneur) m’a remis arrière gauche, c’était mon poste quand j’étais un peu plus jeune donc c’était un peu compliqué pour mo,i mais je savais que le meilleur poste où je pouvais évoluer pour une équipe c’était en défense centrale. À Bastia on le savait, à Nîmes on a mis du temps à s’en rendre compte mais aujourd’hui le replacement du coach m’a fait du bien, parce qu’on a senti la différence pour moi déjà, mais pour l’équipe aussi et ça c’est important.

« Je suis fier d’être capitaine de cette équipe »

L’effectif du NO est très jeune cette année mais on sent un groupe soudé, c’est la clé du succès selon toi ?
Ouais il y a une bonne osmose entre les anciens et les plus jeunes, entre l’expérience et l’insouciance donc voilà c’est quelque chose qui est important. Les plus jeunes sont très à l’écoute des plus anciens et il y a une super ambiance il n’y a pas de clans, on s’amuse tous les jours et ceux qui viennent à l’entraînement je pense qu’ils s’en rendent compte, on s’éclate. Il y a des moments pour rigoler où on rigole, et des moment où on travaille et on le fait très bien donc c’est cette osmose qui fait qu’aujourd’hui le groupe vit bien et que le club en est là, je pense.

En tant que capitaine tu as un rôle important dans l’équipe, dans les vestiaires, qui est le meneur d’homme s’il y en a un ?
Non mais c’est même pas ça, je pense que la façon dont je suis un meneur à fait que je devienne capitaine de cette équipe et aujourd’hui j’en suis fier, je suis fier d’être capitaine de cette équipe parce que je prends énormément de plaisir à jouer avec tous ces joueurs et j’espère qu’à la fin on aura vécu une saison incroyable, mais en tout cas c’est une fierté d’être capitaine et d’avoir autant de confiance du staff technique mais aussi de la part de l’ensemble des joueurs. C’est une bonne chose et je suis très content en tout cas.

On dit que Nîmes est une ville qui respire le foot, tu confirmes ?
Je sais pas trop (rires), j’ai encore des doutes à ce niveau là. C’est vrai qu’on a réussi à attirer du monde l’année dernière, où nos prestations et le challenge que vivaient le club ont permis de remplir le stade. Aujourd’hui on a fait d’énormes efforts cette année au niveau du football et de la saison extraordinaire qu’on fait, et je trouve que le public nous a pas encore suivi. On fait des 6000, 7000 (affluence) mais aujourd’hui on arrive pas à dépasser ça, et nous on est un peu déçus en tant que joueurs parce qu’on donne tout pour le club et pour la ville et à un moment donné on a besoin de ces supporters sur les matchs qui arrivent, on a besoin des fidèles mais aussi de ceux qui nous ont suivis à un moment donné dans des épopées, car on a besoin de remplir ce stade et de l’emmener à 10000, 11000, 12000, 13000 et je pense qu’à un moment donné c’est ce stade qui va nous pousser à aller gagner des matchs comme l’année dernière. Dès janvier (2016) c’était extraordinaire ce qu’on a vécu, et c’est dommage que ce soit toujours en attente de résultats que le public vienne. On aimerait que le public soit constant avec nous parce qu’on est constamment là malgré les difficultés. On s’est battus pour le club donc ça serait bien que le public reste avec nous dans les bons moments, mais aussi dans la difficulté.

Tu l’as dit toi même, « il reste huit matchs, huit finales et au bout il y a quelque chose d’extraordinaire ». Vous avez gagné les deux premières finales maintenant il reste 6 rencontre alors comment l’équipe aborde cette fin de saison ?
Oui il y en avait huit aujourd’hui on en a gagné deux. L’équipe aborde la fin de saison de la même manière, on a aucune pression, on profite de jouer chaque matchs. On sait qu’on a la chance d’avoir un métier extraordinaire et de vivre quelque chose d’extraordinaire sur cette fin de saison. Donc nous on se prend pas la tête, on est outsiders personne ne nous voit monter, et puis nous notre objectif est atteint et maintenant on est des compétiteurs on a envie d’aller chercher le maximum de ce qu’on peut faire, et le maximum on sait où il est et ce qu’il faut faire pour y arriver . Maintenant il faut faire ces six matchs à 200%, à 300% et bien-sur avec un public qui nous suivra j’espère, dès le match d’Orléans.

« Oui j’aime le Nîmes Olympique »

La course à la montée est lancée depuis quelques journées et le NO va rencontrer Reims et Brest, laquelle de ces deux équipes te fait le plus peur ?
Aucune, sincèrement aucune parce que je pense qu’aujourd’hui on a rien a craindre de personne. Par contre les gens se rendent compte de ce qu’on est capable de faire à l’extérieur, et je sais pas si c’est de la crainte qu’il peut y avoir mais en tout cas ils savent qu’on est capables de faire des choses extraordinaires, donc c’est plus les équipes qui doivent nous craindre à l’extérieur que nous qui devons les craindre.

Lors de l’affaire des matchs truqués tu n’as pas hésité à aller défendre le club et les joueurs à Paris, cette année tu est encore là et en tant que capitaine. Tu l’aimes le Nîmes Olympique non ?
(Rires) Ouais, c’est ce que j’ai dit. Moi quand je suis arrivé ici, j’avais envie de vivre quelque chose d’extraordinaire et j’ai vécu les deux premières années avec des choses qu’on a pas envie de voir dans le football. Se battre en dehors d’un terrain pour des matchs présumes truqués c’est pas notre boulot, mais quand il faut le faire on est là. On s’est battus pour les joueurs mais aussi pour le club, pour les salariés et c’était important de le faire. Moi je suis allé au front parce que je sentais qu’il y avait une injustice et j’aime pas ça, et je me bats pour l’injustice donc j’y suis allé avec grand plaisir. Et oui, j’aime le Nîmes Olympique parce qu’aujourd’hui ça m’apporte des émotions qui sont extraordinaires pour moi, pour ma famille et pour tout le monde, et c’est ce qui fait que le football est extraordinaire aujourd’hui.

Quelle est la principale qualité du NO selon toi, ce qui en fait une équipe unique ?
Je sais pas trop (rires), mais comme on a dit au début, l’état d’esprit qui règne est vraiment extraordinaire et je pense que c’est vraiment un plus par rapport à toutes les autres équipes. On a pas les meilleurs joueurs individuellement, par contre on a une solidarité que peut-être d’autres équipes n’ont pas, et c’est une force qu’on ne nous enlèveras pas avant cette fin de saison.

« Pourquoi pas essayer de ramener le Nîmes Olympique en Ligue 1, ça serait beau en tout cas. »

Aurais-tu un mot à passer à tous les supporters du NO ?
(Rires) J’espère sincèrement qu’on va passer la barre des 10000, parce qu’on parie beaucoup dans le vestiaire et beaucoup de personnes pensent qu’on va pas avoir beaucoup de monde, mais on espère qu’on va au moins passer la barre des 10000 en jouant les trois derniers matchs à domicile avec une ambiance que le Nîmes Olympique n’a jamais connu. On fera les comptes à la fin de la 38e journée et on en reparlera.

C’est aujourd’hui l’anniversaire du club, 80ans d’histoire. Pour toi le Nîmes Olympique est-il un club historique indispensable au football français ?
Il a vécu des haut et des bas mais aujourd’hui le Nîmes Olympique est un club de moyenne catégorie, il faut pas se le cacher. Ça fait longtemps qu’on fait la navette entre la Ligue 2 et le National et je pense que niveau structure on reste un petit club, parce qu’il nous manque pas mal de choses au niveau des infrastructures, mais aussi au niveau salarial. Il manque beaucoup de personnes pour pouvoir faire partie des grands clubs de France, après c’est sûr qu’en vivant 80ans dans le haut niveau, Nîmes est un club important du championnat de France, mais il faut travailler plus en interne je pense, pour que le club se structure et ait une solidité au niveau interne et après sur les terrains on sera toujours là, pour faire le travail et pourquoi pas essayer de ramener le Nîmes Olympique en Ligue 1, ça serait beau en tout cas.

Pour finir on va rebondir juste une question de l’actualité: Que penses-tu de l’arbitrage vidéo ?
Je pense que c’est une bonne chose parce qu’aujourd’hui les arbitres sont confrontés à beaucoup d’actions litigieuses, et à un moment donné si on veut avancer dans le football, il faut leur donner des outils qui leurs permettent d’éviter les erreurs. Et je pense que la vidéo est un point essentiel dans le futur du football français.

Nous tenions tout d’abord à remercier Fethi Harek pour sa disponibilité et sa bonne humeur. Nous lui souhaitons pleins de bonnes choses au futur et qui sait, une montée en Ligue 1 ? En tout cas on aura la réponse dans quelques semaines. Merci Fethi d’avoir reçu notre journaliste si agréablement et bonne continuation !

PROPOS RECUEILLIS PAR TOM B. ET MIS EN FORME PAR LUKA M.
PHOTOS: (1) Midi Libre, (2)(3) Fan du Nîmes Olympique
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