Pour les plus jeunes ne le connaissant pas, Stanislas « Stan » Karwat est un footballeur à la retraite passé par les barres du Nîmes Olympique de 1996 à 1999 et totalisant 80 matchs sous les couleurs rouges et blanches. Stan nous a accordé cette interview ce week-end.

Quelle a été pour vous le plus gros changement quand vous êtes parti de Pologne pour rejoindre la France ?
C’était une grande découverte. Quand j’ai commencé à La Roche-Sur-Yon le changement a été culturel. Puis quand je suis venu dans le sud et au Nîmes Olympique, il y avait aucun rapport avec ce que j’avais connu dans le Nord. Il y a plus de passion et les matchs sont plus chauds, le plus gros changement a été là.

Quel est le match qui vous a le plus marqué avec le maillot du Nîmes Olympique sur le dos ?
Sportivement, trois matchs m’ont marqué. Le premier c’était Nîmes – Lille où l’on s’impose 3-0, une victoire inattendue, le deuxième est le match de Coupe des Coupes contre les hongrois et pour finir le match contre Wasquehal qui nous sacre champions de National 1 (en 1996/1997).
Quand j’ai signé au FC Martigues de 2000 à 2002, le match qui m’a marqué émotionnellement reste la rencontre contre le Nîmes Olympique, un match chargé d’émotion et de passion. Même pour les plus jeune de l’équipe c’était un souvenir qui restera gravé dans leur cœur.

« Ils n’ont rien à envier à des clubs de milieu de classement de Ligue 1. »

Comment avez-vous vécu l’épopée en Coupe de France en 1996 ?
Je suis arrivé au Nîmes Olympique après l’épopée de 96. J’ai suivi leur parcours depuis la Pologne où j’étais en vacances. C’était « un grand n’importe quoi » de voir une équipe « minable » en championnat, autant briller en Coupe de France, c’était magnifique. La défaite contre Auxerre en finale reste dommageable mais ils étaient sur le toit de France les Auxerrois. Le parcours de Nîmes reste encore aujourd’hui magnifique.

Avez-vous une anecdote drôle ou un événement qui vous a marqué pendant que vous étiez au Nîmes Olympique ?
Une anecdote drôle ? Il y en a plusieurs car on avait un groupe extraordinaire, on était une bande de potes et tout le monde rigolait ensemble.
Mais si un truc m’a marqué, ça reste bien la voiture de Jean-Max Discolle. Il avait une BMW décapotable qu’il s’était fait volé. Alors quelques jours après il avait racheté la même voiture avec un volant qui se détachait, donc il venait avec son volant dans les vestiaires et il le laissait là. Puis, on a appris qu’il s’était fait revoler sa voiture quelques temps après.

Comment avez-vous réagi suite à l’annonce des matchs présumés truqués ?
En Pologne les arrangements sont récurrents donc je connais tout ça. En France le sport est globalement pur. J’ai ressenti une forme d’injustice surtout que c’était « présumés truqués » mais je pense que cette affaire a uni les crocodiles, elle a refondé une âme.

Vous avez été à certaines manifestations pour la survie du Nîmes Olympique, c’est un club que vous portez dans votre cœur ?
Toujours, j’en parlait encore hier avec le président du club central. On a cette chance d’avoir une flamme dans le cœur, c’est la passion. C’est pas tout le monde qui a la possibilité de réaliser sa passion. Donc oui j’ai toujours le Nîmes Olympique dans le cœur.

« En Ligue 1 Paris est une machine, j’espère que Nîmes deviendra une machinette. »

Pensez-vous à une montée cette saison ou dans les saisons à venir ?
Sportivement la Ligue 1 ne se refuse pas, il faut trouver notre place. En cette fin de saison il faut se préparer à tout scénario, il ne faut surtout pas s’enflammer pour ne pas être déçu, nous devons les pousser jusqu’au bout.
Ils ont les joueurs pour jouer en Ligue 1, ils n’ont rien à envier à des clubs de milieu de classement de Ligue 1. Comme j’ai souvent dit aux différents jeunes que j’ai entraîné: « peu importe ton milieu social si tu prends le ballon dans les testicules, tu souffre autant ».
Si à la fin de la saison on monte pas, tant pis on aura les bases pour monter la saison d’après.

Que pensez-vous de la saison du Nîmes Olympique ?
Ils ont réalisé une saison plus qu’honorable, s’ils ne montent pas, on aura rien à leur reprocher, ils se sont battus avec leurs moyens. C’est un club avec un passé extraordinaire.

« Nîmes et ses supporters c’est comme un mariage, les supporters sont fidèles. »

Est-ce que vous êtes toujours en contact avec le monde du football ? Si oui comment ?
Malgré le Nîmes Olympique et les différentes manifs autours du club, je suis moins en contact avec le monde du foot en France. Par contre en Pologne où mon fils vit, je suis encore très attaché au foot. J’ai un ami qui fait parti d’un club de Ligue 1 polonaise et qui m’invite souvent. J’ai également été invité lors de L’Euro 2016 avec la sélection Polonaise. En tant que supporter je suis Nîmes et Marseille en France. En Ligue 1, Paris est une machine, j’espère que Nîmes deviendra une machinette.

Avez-vous un message à faire passer au supporters Nîmois ?
Je félicite les supporters Nîmois. Nîmes et ses supporters c’est comme un mariage, les supporters sont fidèles. Dieu sait comment ils sont extraordinaires. Il ne faut surtout pas qu’ils lâchent l’équipe mais je sais très bien qu’il le feront pas. Je suis très admiratif.

Un énorme merci à Stanislas KARWAT pour sa disponibilité et sa gentillesse pour cette interview.

PROPOS RECUEILLIS PAR THOMAS V. ET MIS EN FORME PAR LUKA.M
PHOTOS:
Article L-122-4 : Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayant droit ou ayant cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.
Noter cet article

LAISSER UNE RÉPONSE

Écrivez votre commentaire!
Entrez votre nom ici